Publicis reste confiant malgré le Japon et le Moyen-Orient

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  • Posted on April 20, 2011


    Par Guillaume Errard

    Malgré le séisme et le tsunami qui ont frappé en mars dernier le Japon ainsi que les révoltes qui ont sévi au Moyen-Orient, Publicis affiche un chiffre d’affaires en hausse de 6,5% en croissance organique.

    Les analystes avaient anticipé une bonne surprise au premier trimestre pour Publicis. Ils avaient vu juste. Le groupe publicitaire a enregistré une croissance organique de 6,5% sur cette période à 1,286 milliard d’euros, contre +3,1% au premier trimestre 2010.

    Une fois n’est pas coutume, cette performance est due à la bonne tenue de l’Amérique latine (croissance organique en hausse de 8,7% au premier trimestre) soutenue par le Brésil (+20,1%), des Etats-Unis (+8,4%) et de l’Europe (+6,2%) dopée par la France (+8,2%). A l’inverse, la région Asie-Pacifique ne croît que de 1,5% en raison du séisme au Japon ou encore des inondations en Australie. La Chine limite les dégâts avec une croissance de 8,2%. «Notre exposition au Japon est faible. Le séisme et le tsunami qui ont frappé le pays, comme les révoltes qui ont eu lieu au Moyen-Orient, n’impacteront en rien nos prévisions pour 2011», affirme Maurice Lévy, président de Publicis. Le patron du groupe publicitaire est resté d’ailleurs très évasif à ce sujet, se contentant de préciser qu’«une croissance de 5% du chiffre d’affaires 2011 serait un pronostic très prudent ».

    «Nous surperformerons le marché en 2011»

    Grâce aux bonnes performances de la Chine, du Brésil, mais aussi de la Russie et de l’Inde, la croissance des pays émergents s’élève à +11,4% pour le premier trimestre. Les activités numériques représentent à elles seules 28,2% du revenu du groupe (contre 27% en 2010). «Nous ne faisons pas preuve de beaucoup d’innovation et continuons donc à investir dans les marchés de croissance que sont le numérique et les émergents » ironise Maurice Lévy. Les activités numériques et les émergents représentent d’ailleurs 48,3% du revenu du groupe au premier trimestre «en ligne avec l’objectif du groupe qui est de réaliser 65% de ses revenus sur ces deux segments», précise-t-il.

    Sur le marché publicitaire, la filiale de Publicis, ZenithOptimedia, a pourtant revu cette semaine en baisse sa prévision de croissance des investissements en 2011 à 4,2% contre 4,6% en raison de la catastrophe au Japon et des soulèvements dans plusieurs pays arabes. Mais cela n’atténue pas la confiance de Maurice Lévy. «Les annonceurs n’ont pas arrêté leur campagne, assure le président de Publicis. Nous n’avons constaté aucune inquiétude de leur part. Leur préoccupation première reste la croissance et non pas la réduction des coûts ».

    Une confiance qui se retrouve lorsqu’il évoque le deuxième trimestre. «Le deuxième trimestre s’annonce bon. L’année 2011 sera quant à elle bonne voire très bonne, déclare le président de Publicis. Nous surperformerons le marché en 2011. Evidemment, la flambée du prix des matières premières incite les sociétés à protéger leurs marges. Il peut donc y avoir un risque de coupure des investissements de la part des annonceurs. Mais l’avenir c’est la croissance ».

    Et d’avenir il est justement question chez Publicis, celui de Maurice Lévy dont le mandat qui prend fin le 31 décembre 2011 sera prolongé. Mais le président n’a toujours pas fixé d’échéance ni donné d’indication quant à son successeur. «Ma priorité, c’est Publicis. Je resterai le temps nécessaire».

    Le Figaro/AC