Les Brics, locomotive de la croissance

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  • Posted on March 2, 2012


    Avec un PIB de 14 milliards de dollars, ils comptent pour 18% du PIB mondial.

    Le prochain sommet des Brics à New Delhi, les 28 et 29 mars prochain, promet d’être suivi de très près par le reste du monde. Sécurité alimentaire, énergie, développement, crise financière internationale, le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud ont un menu chargé. Et dès hier, le ministre des Affaires étrangères chinois a rencontré son homologue indien pour s’y préparer.

    Avec un produit intérieur brut (PIB) de près de 14 milliards de dollars, ce groupe de pays, qui compte pour 18% du PIB de la planète, s’affirme de plus en plus comme le moteur de la croissance mondiale. L’an dernier, le seul commerce interne aux Brics a atteint 230 milliards de dollars, soit 8% du commerce de la planète tout entière.

    «D’ici à 2016, ils compteront pour 37% de la croissance» du globe, prédit le dernier rapport économique de Grant Thornton. Le groupe international d’audit et de conseil, qui a interrogé 350 chefs d’entreprise dans les pays concernés, exception faite de l’Afrique du Sud, estime que les hommes d’affaire y sont «beaucoup plus optimistes» que dans le reste du monde. Ainsi 72% d’entre eux prévoient une hausse de leur activité dans les douze mois à venir, contre 37% pour les pays du G7. De même, 45% d’entre eux se préparent à embaucher et ils sont 47% à envisager d’augmenter leurs investissements, contre 17% dans les États du G7.

    Réclamer un vrai pouvoir

    Bien sûr, ils vont connaître inévitablement des problèmes: exportations de pétrole pour la Russie, monnaie trop forte pour le Brésil, bulle immobilière pour la Chine et corruption pour l’Inde. Mais, globalement, ils pèseront de plus en plus lourd, insiste Grant Thornton.

    À Mexico, fin février, en marge du sommet des ministres de Finances, les Brics ont discuté de la création d’une banque multilatérale pour financer leurs grands projets. Ils en reparleront à New Delhi. Tout comme ils vont remettre sur la table le rôle qu’ils entendent tenir dans la crise de la zone euro. Le ministre brésilien des Finances ne laisse guère de place au doute. Les pays émergents «apporteront plus de ressources au FMI une fois que les Européens auront renforcé leur propre pare-feu», a-t-il affirmé.

    Ces pays émergents ne se privent pas non plus, alors que le mandat de l’Américain Robert Zoellick à la tête de la Banque mondiale va prendre fin en juin, de rejeter publiquement le principe selon lequel la présidence de cet organisme doive revenir de facto aux États-Unis.

    Mais s’ils songent à présenter leur propre candidature, force est de reconnaître qu’ils n’ont pas de candidat. Ils le savent. C’est pourquoi, faute de pouvoir briguer la tête de la banque, les Brics sont plus que jamais décidés à profiter de ce renouvellement pour réclamer haut et fort un vrai pouvoir élargi dans les grandes instances internationales.

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    Le Figaro/AC