Afflux record de capitaux en Amérique latine

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  • Posted on May 6, 2012


    INFOGRAPHIE – Les investissements étrangers ont progressé de 31 % sur le continent en 2011, selon un rapport des Nations unies. L’économie brésilienne reste la première destination et l’Union européenne le principal investisseur.

    Pour la deuxième année consécutive, le continent latino-américain est la région du monde où les capitaux étrangers ont le plus augmenté – 31% -, totalisant 153,44 milliards de dollars, selon un rapport des Nations unies. Cette dynamique des IDE (investissements directs étrangers) a porté à 10% la part de l’Amérique du Sud et centrale dans les flux mondiaux. Globalement, les pays émergents confortent leur attractivité en représentant 50,1% du total. Tandis que le poids des pays développés, en dépit d’un petit sursaut l’année dernière, aura chuté de 81% à 49,9% entre 2000 et 2011.

    «Malgré la grande incertitude des marchés financiers globaux, l’Amérique latine et caribéenne a attiré d’importants montants d’IDE. Cette tendance devrait se poursuivre en 2012», pronostique la secrétaire exécutive de la commission pour l’Amérique latine des Nations unies (Cepal), Alicia Barcena. Sous réserve cependant que la crise ne s’aggrave pas en Europe, car l’Union européenne représente avec 40% du total le premier fournisseur de capitaux. Et que la décision de l’Argentine d’exproprier le pétrolier espagnol Repsol – imitée en Bolivie par la nationalisation d’une filiale locale de la compagnie espagnole d’électricité Red Electrica – ne refroidisse pas les investisseurs. Le FMI a cependant indiqué jeudi qu’il n’y a pas de réelle tendance à la nationalisation d’entreprises privées en Amérique latine, ces deux cas restant isolés. Les deux pays ont justifié leur décision par un manque d’investissement des deux compagnies.

    Les experts onusiens insistent dans leur rapport sur le rôle des entreprises étrangères implantées: 46% des IDE proviennent de profits réinvestis, «signe de la confiance des multinationales dans la région qui offre importantes opportunités d’affaires».

    Trois moteurs aiguisent leur appétit: une croissance soutenue dopée par les marchés de consommation grâce à l’enrichissement des classes moyennes, les cours élevés des matières premières qui stimulent les investissements dans l’exploitation des ressources naturelles et la crise des économies développées.

    Pétrole et JO au Brésil

    Le Brésil se taille la part du lion des investissements, avec ses 190 millions d’habitants, le manque criant d’infrastructures, les immenses réserves pétrolières et l’organisation en 2014 et 2016 de la Coupe du monde de football et des Jeux olympiques. Avec 66 milliards de dollars investis en 2011, soit 43,8% du total, la première économie latino devance largement le deuxième poids lourd, le Mexique, qui a cumulé 19,4 milliards. Tous les pays, à l’exception du Paraguay, ont reçu en 2011 plus de capitaux étrangers qu’en 2010. Plusieurs – Brésil, Chili, Colombie, Pérou et Uruguay – ont même battu des records historiques. C’est toujours le secteur des ressources naturelles qui capte le plus d’investissements – 57% . Le défi pour la région, rappelle l’ONU, est d’orienter les IDE vers l’innovation, permettant les transferts de technologie et le développement des capacités locales (production, capital humain et entrepreneuriat).

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    Le Figaro/AC